Critiques pour le spectacle Parle-moi
De retour dune srie de spectacles Paris, Tlrama (27 mars 2008) TTT (note maximale) Sa voix fine, sa silhouette fragile, son air un peu lunaire et l'incroyable intensit qu'elle met dans chacun de ses mots, font d'elle une interprte bouleversante. Comdienne et chanteuse reconnue au Qubec, elle chante les beauts de sa terre et le verbe de ses potes. Aux antipodes des musiques bruyantes. La subtilit et l'intelligence incarnes. - Valrie Lehoux
Soire transatlantique au Thtre des Trois Chnes pour le festival Le Quesnoy en chanteurs, Le Quercitain [...] Chlo Sainte-Marie a elle aussi donn le frisson au public. L'artiste entoure de ses deux musiciens emmne son public dans un voyage quasi mystique, travers son parcours, plong dans la dichotomie de ses origines francophone et amrindienne. Habille de couleurs acidules de la tte aux pieds, Chlo Sainte-Marie conjugue l'amour et la mort dans le chant et la narration. Le spectateur est atypique ; c'est parfois un peu terrifiant, vertigineux ou mme angoissant, mais jamais dnu d'motion.
Je veux te redire quant moi qu' ce concert de l'Europen tu as t ma-gni-fi-que! Tu nous as fait entendre la voix des mtisss. Tu tais l'Iroquoise, la flamme qui rsiste et se dresse toute vibrante contre la mort. Tu disais des choses essentielles et magiques. C'tait intense, a vous remuait le coeur, l'me et les tripes. Tu donnais vie, en chanteuse et en tragdienne, aux fantmes du bois et des lacs, aux potes. Gilles tait tes cts tout du long. Tu nous mettais les larmes aux yeux, tant c'tait beau. Y'avait du muscle et du musc, une nergie et une tendresse folles dans ta voix.
J'arrte et vous embrasse bien fort tous deux. - Michel Boujut
Une matrise digne des plus grands, Le Quotidien (7 octobre 2006) La superbe diseuse n'a plus besoin de prsentation. Aprs un sjour plus ou moins fructueux dans le monde du cinma, c'est travers la chanson qu'elle semble enfin trouver sa voie, faisant vivre les mots des potes dans une libert et une matrise dignes des plus grands interprtes. Ainsi elle s'approprie de paroles qui lui vont ravir et ne mnage rien pour le dmontrer. travers les crits de Gaston Miron, Roland Gigure, Patrice Desbiens, Josphine Bacon et Alexis Lapointe, la muse de Gilles Carle, auteur du magnifique Brle, brle et de la pochette de l'album, dborde tout simplement de la sincrit.
En toute connivence, le petit bout de femme forte partage avec un public suspendu ses lvres le fruit de fouilles fructueuses dans le rpertoire de notre littrature actuelle. Dbutant son rcital avec une parcimonie de gestes, et chantant l'amour sans retenue avec des petits bijoux comme Mon bel amour et Parle-moi, elle livre tout son tre dans des moments ingals d'motion dont la posie est la vritable vedette. Puis, son corps se dlie pour tmoigner de la terre, de l'homme et de la mort et intgrer la langue des premires nations comme avec Ashuapmushuan. Et c'est pour servir cette posie sous toutes ses facettes que la chanteuse, avec une sensibilit immense, enchane les dclamations et les refrains rares et prcieux jusqu' la douce transe qui ne la quittera jamais.
On ne se lasse pas de voir et d'entendre Chlo Sainte-Marie. La musique des deux multi instrumentalistes qui accompagnent la rcipiendaire du prix Coup de coeur 2006 de l'Acadmie Charles Cros porte merveilleusement les textes et cre les ambiances.
Le dcors, sorte de peau de tambour fixe en fonds de scne et servant d'cran une projection de portrait d'illustres artistes qubcois et de complices, allie lui aussi ingniosit et efficacit. Pour faire de ce rendez-vous presque intime un vnement unique en son genre et dont on se souviendra longtemps. - Christine Martel
Comme un feu dans la nuit, La Presse (2 mars 2006) Depuis la nuit des temps, le cercle symbolise la plnitude, les humains, le soleil, l'absolu, l'ternit, la lune, la matrice, le cycle de la vie, la terre... Toutes choses qui, mardi soir, taient prsentes au spectacle de Chlo Sainte-Marie, dans un Cabaret Juste pour rire rempli craquer. Et au centre du cercle - et mme sous un vrai cercle, un tondo, sur lequel taient projetes images, textures et photos! - dresse comme un feu o se consumaient paroles et notes, il y avait Chlo. Chlo Sainte-Marie, habille de pelures aux couleurs vives et les cheveux en queue de cheval, comme une petite fille qui parle d'amour et de mort, avec des chaussures qui semblaient trop grandes pour elle. Or, il n'y a rien de trop grand pour l'interprte des magnifiques Toi la mordore, L'Ombre de l'ombre et La Haine, rien, surtout pas les mots des potes qu'elle aime. Pour chaque chanson, il y avait donc un pome. Et pour chaque chanson, comme pour chaque pome, la mme constatation: Chlo Sainte-Marie est tout fait sa place sur scne, plus sre d'elle que jamais comme chanteuse et comme rcitante. Vritablement souveraine et, paradoxalement, tout fait fragile, comme une me qui aurait pris les traits d'une femme... Pour apprcier tout cela, il faut toutefois connatre dj son album Parle-moi, plus pre, plus exigeant, plus potique, moins chanson. Or, entoure de ses deux exceptionnels musiciens que sont Rjean Bouchard (guitares, direction musicale, ralisation de ses trois derniers albums) et Gilles Tessier (qui joue absolument tout), Chlo Sainte-Marie a chant uniquement les chansons de ce dernier album et a plutt rserv aux rappels enthousiastes certaines des plus belles chansons de ses prcdents disques Tu pleures, je pleure et Je marche toi.
La premire partie du spectacle regroupe les morceaux qui conjuguent amour et mort sur des musiques plus acoustiques et atmosphriques - comme une lente marche l'amour travers le brouillard et l'inquitude. La seconde partie, plus lectrique, ressemble plutt une escalade mains et pieds nus o l'artifice, la haine, la violence sont tour tour voqus, pour raconter ce parcours qui nous mne du trou chaud au trou froid, comme le rsume si brutalement un vers du spectacle. C'est parfois un peu terrifiant, vertigineux ou mme angoissant, comme spectacle, mais nanmoins ncessaire, comme se regarder dans le miroir. Pour les rappels, pure, pacifie, lisse par l'amour de la salle, elle a chant les trois belles chansons que lui a crit son grand amour, Gilles Carle, tires de chacun de ses trois derniers albums: To be or not to be la vie, Brle, brle et enfin Chamaille chamaille, chante par toute une salle heureuse. Bref, la fois seule et entoure au milieu du cercle, mardi soir, Chlo Sainte-Marie a tmoign sa lumineuse faon de l'infinie vrit des mots de la pote Anne Hbert: Et moi, je crois la solitude, rompue comme du pain, par la posie... - Marie-Christine Blais
La porteuse d'mes, Le Devoir (1er mars 2006) Il y avait de la fiert, un peu de rvolte, un rien de mauvais got assum, de l'affirmation en masse dans ce regard surmont de cils pleins de brillants, dans le rouge feu de sa chevelure, dans le lilas de son chandail, le velours rouge de sa jupette, le mauve de ses pantalons, la dmesure de ses baskets. Chlo Sainte-Marie portait hier soir la premire montralaise du spectacle de l'album Parle-moi ses belles couleurs criardes comme elle portait les mots multicolores de ses potes chris et les musiques tout aussi multicolores que lui jouaient Rjean Bouchard et Gilles Tessier: souverainement.
La premire fois, nous rappelions-nous durant l'entracte notre petite table de critiques au balcon du Cabaret du muse Juste pour rire, c'tait tout juste si elle osait prononcer les mots de Miron, de son Gilles Carle, tout juste si elle osait chanter les musiques de Gilles Blanger, Franois Guy et autres Robidoux sur les arrangements de Rjean Bouchard. Tout juste si elle s'en croyait digne.
De fois en fois, c'est vident, l'accolade gnrale aidant, la petite fille dans les baskets trop grands a pris sa place. De rcitante un peu terrifie par la noble et difficile mission dont elle s'investissait -- propager les mots des grands potes qubcois d'hier et d'aujourd'hui, de Roland Gigure Patrice Desbiens --, elle est devenue vritable interprte. Mieux, porteuse d'mes. Et telle une mre porteuse, c'est elle qui accouche dsormais des pomes, de Toi le mordore, de La Haine, de L'Ombre de l'ombre. Comme si elle les avait crits mme sa chair.
C'est bien pourquoi elle ne nomme jamais les auteurs pendant le spectacle : elle alterne simplement les pomes et les chansons de ses trois albums, et puis les mots font leur oeuvre. Reoive qui peut. Moi, avec ma capacit d'attention de p'tit pois chiche, je n'attrapais hier qu'un bout de vers ici, un autre l, trop facilement distrait par la guitare dobro de Bouchard ou les projections sur le tondo en fond de scne, toile circulaire tendue par un cerceau de bois, une ide la Paul Buissonneau. Chlo dployait pourtant des ocans d'nergie dans le phras et des trsors d'invention dans le geste pour faciliter la pntration des mots. O tait le problme ? Il n'y en avait pas. Comprenez-vous que c'est incomprsensible ?, a-t-elle dit un moment donn, citant je ne sais qui. a m'a rassur : il ne s'agissait pas de comprendre ni d'identifier, mais de ressentir. Intensment. Et d'aller lire les potes aprs. Chlo, porteuse d'mes, porteuse du virus de la posie. Du 2 au 4 mars, elle sera encore trs contagieuse. - Sylvain Cormier
L'art d'mouvoir, Le Journal de Montral (1er mars 2006) On le savait, on l'avait dj vcu et on s'y attendait un peu, mais a marche tous les coups : Chlo Sainte-Marie sait nous envoter comme peu d'artistes le font.
a n'a pas rat hier soir, lors du premier de ses quatre spectacles au Cabaret du Muse Juste pour rire. Et c'tait le bienvenu.
Grinant
Avec un proche l'hpital depuis 12 jours - considration toute personnelle - et une attente de 25 minutes au vestiaire en raison d'un manque de personnel - considration collective -, l'humeur tait un tantinet grinante.
En un tournemain et avec une interprtation mouvante de Mon bel amour en ouverture, Chlo Sainte-Marie a su apaiser tous les esprits et balayer les petits tracas du quotidien. Flanque de ses musiciens d'exception (Rjean Bouchard et Gilles Tessier), la rousse interprte a enchan avec Parle-moi, oeuvre-titre de son plus rcent compact. Dans le Cabaret, o les gens taient tellement nombreux que certains prenaient place dans les marches, on a senti une onde de fond traverser la salle.
Plus musical
Sainte-Marie n'a slectionn que des oeuvres de Parle-moi pour cette rentre. Ce disque est de loin le plus musical de sa trilogie (avec Je pleure, tu pleures et Je marche toi) et cela se ressentait et se mesurait sur les planches. Mieux enrobs que dans les prcdentes tournes, mais jamais dnus d'motion, les pomes mis en chanson ont permis de constater que Sainte-Marie habite la scne plus que jamais et s'investit d'autant plus dans les interprtations mouvantes.
Parmi les moments forts, on retient J'erre, qu'elle conclut a cappella dans la lumire diffuse, et L'Ombre de l'ombre, peut-tre l'hymne la mort le plus joyeux qui soit. La livraison est soutenue par la projection des visages de potes sur une peau qui sert de toile.
Percutant
Soir tourmente, que Sainte-Marie interprte genoux, l'mouvante Sentant la glaise et la puissance de La Haine sont autant d'instants coup de poing qui vont nous rester longtemps gravs en mmoire.
On l'a dit, on s'y attendait. Et, pourtant, le charme opre toujours. En fait, plus que jamais. - Philippe Rezzonico
Chlo Sainte-Marie est la plus belle chose qui soit arrive la posie qubcoise. Potes, embrassez-l, bnissez-l. Allez lui porter des fleurs
Extrait radiophonique - Catherine Perrin, Cest bien meilleur le matin (1er mars 2006)
lumineuse, vibrante, intense() elle impose le respect () un beau grand spectacle.
Extrait radiophonique (de 24:33 26:35) - Francine Grimaldi, Samedi et rien dautre (4 mars 2006)
Un spectacle touchant
Extrait radiophonique (de 35:32 41:36) - Pascale Navarro, Ouvert le samedi (4 mars 2006)
Il y avait quelque chose de mystique dans cette soire-l() trs, trs, trs intense () voir et entendre.
Extrait radiophonique - Jacques Bertrand, Je lai vu la radio (5 mars 2006)
Magnifique. - Alexandra Diaz, Nouvelles TVA
|
|